Trouble musculo-squelettique (TMS) : quelles stratégies de prévention efficaces en entreprise ?

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent aujourd’hui la première cause de maladie professionnelle en France. Touchant les muscles, les tendons, les nerfs ou les articulations, ils affectent majoritairement le dos, les épaules, les poignets ou les genoux. Qu’ils soient liés à des gestes répétitifs, à une posture prolongée ou à une charge excessive de travail, les TMS pèsent lourdement sur la santé des salariés… et sur les performances des entreprises.

 

Pourquoi les TMS sont-ils un enjeu majeur en santé au travail ?

C’est quoi un trouble musculo-squelettique ?

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) désignent un ensemble de pathologies qui affectent les muscles, les tendons, les nerfs ou les articulations. Ils se manifestent le plus souvent au niveau du dos (lombalgies), des épaules, des poignets, des coudes ou du cou. Les TMS sont liés à des sollicitations excessives ou répétées du système musculosquelettique dans un contexte de travail inadapté.

Pour en savoir plus sur les causes et les différents symptômes des TMS rendez-vous sur l’article : Troubles musculo-squelettiques (TMS) : Définition, Causes

Quels sont les métiers les plus exposés aux TMS ?

Les TMS touchent tous les secteurs d’activité, mais certains métiers sont particulièrement exposés :

  • Manutentionnaires, ouvriers, agents de propreté : port de charges, postures contraignantes, gestes répétitifs.
  • Travailleurs du secteur médico-social : transfert de patients, station debout prolongée.
  • Employés de bureau : sédentarité, tension posturale, environnement non ergonomique.
  • Travailleurs de la logistique et du BTP : effort physique intense, vibrations, outils non adaptés.

Pourquoi les TMS coûtent cher à l’entreprise ?

Les troubles musculo-squelettiques représentent un enjeu économique majeur pour les entreprises. Leur impact se mesure à plusieurs niveaux :

  • Absentéisme et arrêts de travail répétés
  • Baisse de productivité et de qualité
  • Turnover plus élevé
  • Coûts directs : indemnités journalières, soins, reclassement
  • Coûts indirects : perte d’expertise, désorganisation des équipes, tensions sociales

 

Quels sont les principaux facteurs de risque des TMS ?

Quels types de facteurs influencent l’apparition des TMS ?

L’apparition des troubles musculo-squelettiques résulte rarement d’un seul facteur. Elle est généralement multifactorielle, combinant des éléments biomécaniques, organisationnels, environnementaux et psychosociaux. Voici les principales familles de risques à surveiller :

  • Facteurs biomécaniques (physiques)
  • Facteurs organisationnels
  • Facteurs environnementaux
  • Facteurs psychosociaux

 

Comment identifier ces risques dans l’entreprise ?

Une démarche de prévention des TMS efficace commence par un diagnostic précis des situations de travail. Pour cela, plusieurs approches peuvent être combinées :

  • Observation terrain : analyse des gestes, postures, enchaînements de tâches
  • Entretiens avec les salariés : ressentis, inconforts, suggestions
  • Utilisation d’outils d’analyse ergonomique : grille RULA, OCRA, questionnaire QEC…
  • Données RH : taux d’absentéisme, fréquence des plaintes corporelles, fiches de poste

Il est essentiel d’impliquer les équipes dans cette phase pour recueillir des informations fines et concrètes.

 

Comment mettre en place une démarche de prévention des TMS efficace ?

Quels sont les 4 grands piliers d’une démarche structurée ?

Pour prévenir efficacement les troubles musculo-squelettiques en entreprise, il est essentiel d’adopter une démarche globale, structurée et participative, articulée autour de 4 piliers clés :

1. Engagement de la direction

  • Prioriser la santé au travail dans la stratégie de l’entreprise
  • Communiquer clairement les objectifs de prévention des TMS
  • Dégager les ressources humaines, financières et temporelles nécessaires

2. Analyse approfondie des situations de travail

  • Étudier les postes exposés aux TMS
  • Identifier les causes racines (et non seulement les symptômes)
  • Impliquer les salariés dans l’analyse de leurs propres conditions de travail

3. Déploiement d’actions correctives ciblées

  • Adapter l’environnement de travail
  • Réorganiser les tâches
  • Mettre en place des actions de formation, sensibilisation, accompagnement

4. Évaluation et suivi dans le temps

  • Mesurer l’impact des actions
  • Réajuster en fonction des retours et des résultats observés
  • Inscrire la prévention des TMS dans une amélioration continue

Qui doit être impliqué dans la démarche ?

La réussite d’une démarche de prévention repose sur une mobilisation pluridisciplinaire et collaborative :

  • Direction : porte la démarche, arbitre les moyens
  • RH et QHSE : garantissent la cohérence avec les politiques internes
  • Managers de proximité : relais opérationnels essentiels
  • Salariés : premiers concernés, leurs retours sont précieux
  • CSE ou représentants du personnel : acteurs du dialogue social
  • Médecin du travail et ergonome : accompagnement technique, analyse fine
  • Personnes externes : accompagnement ponctuel ou expert

 

Quelles actions concrètes pour prévenir les troubles musculo-squelettiques ?

La prévention des TMS ne se limite pas à des affiches dans la salle de pause. Elle implique une approche systémique, mêlant aménagement des postes, organisation du travail, sensibilisation et activités de prévention active.

Comment adapter l’environnement de travail ?

Actions possibles :

  • Réglage de la hauteur des plans de travail (bureaux, établis, postes de production…)
  • Mise à disposition de sièges ergonomiques adaptés
  • Installation d’éclairages directs et indirects pour limiter les postures contraignantes
  • Réduction des gestes répétitifs via la mécanisation ou l’optimisation des outils
  • Refonte de la circulation et de l’organisation spatiale (réduction des déplacements inutiles)

Quelles solutions organisationnelles peuvent réduire les TMS ?

Les facteurs organisationnels jouent un rôle déterminant dans l’apparition des TMS.

Exemples d’actions :

  • Rotation des tâches pour éviter la monotonie et les sollicitations répétées
  • Temps de pause réguliers pour permettre une récupération musculaire
  • Réduction du temps d’exposition à des postures contraignantes
  • Autonomie des salariés dans la gestion de leur rythme (quand c’est possible)
  • Répartition équitable de la charge physique au sein d’une équipe

Une organisation flexible et centrée sur l’humain contribue à la prévention durable des TMS.

Quels outils de formation ou de sensibilisation ?

Former et sensibiliser les équipes, c’est agir sur les représentations et les comportements. Trop souvent, les douleurs musculosquelettiques sont banalisées ou mal comprises.

Formations à envisager :

  • Gestes et postures spécifiques à l’activité
  • Prévention des TMS au poste de travail
  • Initiation à l’ergonomie
  • Formations de référents internes en prévention

Pour aller plus loin, découvrez quelles formations santé et sécurité permettent de prévenir efficacement les risques professionnels, dont les troubles musculo-squelettiques.

Supports utiles :

  • Vidéos pédagogiques
  • Affiches ou fiches pratiques
  • Ateliers interactifs animés par un professionnel

Et côté prévention active : que peut-on proposer ?

Enfin, intégrer des pratiques de mobilisation corporelle ou de détente musculaire dans la vie de l’entreprise est un levier encore sous-exploité… mais particulièrement efficace.

Exemples d’initiatives sport-santé en entreprise :

  • Ateliers d’éveil musculaire ou de réveil articulaire en début de poste
  • Micro-séances de mobilité douce ou d’étirement sur le lieu de travail
  • Yoga sur chaise ou gymnastique douce hebdomadaire
  • Auto-massages guidés par un professionnel
  • Activités physiques adaptées (APA) en lien avec le métier exercé

Découvrez nos solutions sport-santé adaptées au milieu professionnel pour prévenir durablement les TMS et améliorer la qualité de vie au travail.

 

Comment mesurer et pérenniser la prévention des TMS ?

Quels indicateurs suivre ?

Pour savoir si les actions mises en place ont un réel impact, il est essentiel de suivre des indicateurs quantitatifs et qualitatifs liés aux TMS.

Indicateurs à surveiller :

  • Nombre de déclarations d’accidents du travail ou de maladies professionnelles liés aux TMS
  • Données issues du document unique d’évaluation des risques (DUERP)
  • Absentéisme pour douleurs musculo-squelettiques
  • Turnover dans les postes les plus exposés
  • Résultats des enquêtes internes QVT (qualité de vie au travail)
  • Retour des médecins du travail et des services de santé au travail

Ces indicateurs doivent être analysés régulièrement, notamment en lien avec les représentants du personnel et les référents sécurité.

Comment ancrer la démarche dans le temps ?

Une démarche de prévention des TMS durable repose sur une logique d’amélioration continue. Il ne s’agit pas d’une campagne ponctuelle, mais d’un pilier de la politique RH de l’entreprise.

Voici les bonnes pratiques :

  • Intégrer la prévention des TMS au plan de formation annuel
  • Actualiser le DUERP à chaque changement organisationnel ou matériel
  • Programmer des points d’étape réguliers avec les managers et les équipes
  • Créer une culture d’entreprise autour de la santé physique
  • Valoriser les bons réflexes avec une communication interne régulière

L’objectif est de transformer les pratiques professionnelles pour en faire un véritable levier de performance.

 

FAQ – Prévention des TMS en entreprise

Quels sont les premiers signes de TMS à surveiller ?

  • Douleurs localisées (cou, épaules, poignets, bas du dos…)
  • Sensation de raideur ou de perte de force
  • Fourmillements ou engourdissements
  • Difficultés à accomplir certains gestes professionnels

Quelle différence entre une gêne passagère et un TMS reconnu ?

Une gêne passagère disparaît avec le repos. Un TMS reconnu est une pathologie installée, souvent liée à une exposition prolongée à un facteur de risque, et peut nécessiter un arrêt de travail ou une prise en charge médicale.

Les TMS sont-ils reconnus en maladie professionnelle ?

Oui, certains TMS comme le syndrome du canal carpien, les tendinopathies de l’épaule ou les lombalgies chroniques sont reconnus dans les tableaux de maladies professionnelles.

Une entreprise de moins de 10 salariés est-elle concernée ?

Absolument. Les TPE et PME sont elles aussi confrontées aux risques TMS, notamment lorsqu’il existe des postes manuels répétitifs ou un manque de rotation des tâches. Le DUERP est obligatoire dès 1 salarié.

Conclusion : la prévention des TMS, un investissement humain et stratégique

Les troubles musculo-squelettiques ne sont ni une fatalité, ni un sujet secondaire. Leur prévention demande une volonté claire, une démarche structurée et une implication collective.

Pour l’entreprise, c’est un investissement à fort retour humain et économique :

  • Moins d’absences
  • Moins de turnover
  • Plus de bien-être et de performance

En intégrant la prévention des TMS dans votre stratégie RH et QVCT, vous prenez soin de votre capital humain, tout en consolidant les bases d’une croissance durable et responsable.

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